Vous avez décidé de créer une SAS. Reste à savoir qui va vous accompagner.
Et sur ce point, le marché est trompeur. Derrière des offres qui se ressemblent se cachent des métiers très différents.
Sommaire
Tous les cabinets n’exercent pas le même métier
C’est la première chose à comprendre. Le mot « cabinet » recouvre au moins quatre réalités distinctes.
Chacune répond à un besoin précis. Aucune n’est meilleure dans l’absolu.
Le sujet est suffisamment structurant pour qu’Infonet y consacre une analyse dédiée aux créateurs d’entreprise. Le média y détaille notamment les références de la legaltech Swapn, dont le modèle illustre bien l’évolution du secteur : outils numériques, tarification affichée et tableau de pilotage en ligne. L’enseignement vaut pour toute création de société par actions. Un accompagnement parfait pour un consultant seul sera insuffisant pour trois associés qui préparent une levée.
Expert-comptable, avocat, legaltech : qui fait quoi
L’expert-comptable inscrit à l’Ordre couvre la création, puis la vie comptable et fiscale. C’est le choix de la continuité.
L’avocat en droit des sociétés intervient sur la rédaction et la négociation. C’est le choix de la sécurité juridique quand les intérêts divergent.
La legaltech structure la formalité autour d’outils numériques : suivi en ligne, alertes sur les échéances, tarification connue à l’avance. Elle excelle sur les dossiers qui entrent dans un cadre identifié.
Le cabinet de conseil pluridisciplinaire combine ces compétences. Le coût est supérieur, la coordination est assurée.
Quel profil de prestataire pour quel projet de SAS
Vous créez une SASU en solo
Freelance, consultant, prestataire indépendant : votre structure est simple et vous êtes seul décisionnaire.
Une legaltech sérieuse ou un expert-comptable suffisent largement. Il n’y a pas d’intérêts à arbitrer.
Concentrez votre budget sur l’accompagnement fiscal plutôt que sur la rédaction. C’est là que se jouent vos premiers arbitrages.
Vous créez à plusieurs fondateurs
Le besoin change complètement de nature.
Vous n’achetez plus une formalité, vous achetez un cadre de résolution de désaccords futurs. Privilégiez un interlocuteur capable de vous recevoir ensemble.
Un bon signe : il vous interroge séparément sur vos attentes. Les fondateurs n’ont jamais exactement la même vision du projet.
Vous visez une levée de fonds
Ici, le choix se restreint. Il vous faut un accompagnement qui a déjà vu des investisseurs entrer au capital.
La structure initiale conditionne la suite. Des statuts mal pensés se renégocient en urgence au moment du tour de table, avec un rapport de force défavorable.
Demandez explicitement combien d’opérations de ce type ont été traitées.
Votre dossier comporte une particularité
Apport d’un fonds de commerce, associé résidant à l’étranger, activité réglementée, reprise d’une activité existante.
Chacune de ces situations fait sortir votre dossier du circuit standard. Les offres entièrement automatisées s’y révèlent souvent inadaptées.
Vérifiez qu’un cas comparable a déjà été traité. Pas un cas voisin, un cas comparable.
Les étapes où votre prestataire doit être réellement présent
Une création de SAS suit un enchaînement précis. Chaque étape comporte un point de vigilance.
- Le dépôt du capital auprès d’une banque, d’un notaire ou de la Caisse des Dépôts, qui délivre l’attestation de dépôt des fonds
- La rédaction et la signature des statuts, avec la nomination du président
- La publication d’une annonce légale dans un support habilité du département du siège
- Le dépôt du dossier sur le guichet unique des formalités des entreprises
- La déclaration des bénéficiaires effectifs, obligatoire et souvent oubliée
- La délivrance de l’extrait Kbis, qui permet enfin de débloquer les fonds déposés
Posez une question simple à votre futur interlocuteur. Lesquelles de ces étapes réalisez-vous vous-même, et lesquelles me reviennent ?
Les réponses varient énormément d’un prestataire à l’autre. Certains s’arrêtent à la fourniture des statuts.
Deux décisions à prendre consciemment
La date de clôture de votre premier exercice. Elle paraît anodine et ne l’est pas.
Clôturer au 31 décembre est l’usage, mais rien ne l’impose. Une clôture décalée peut lisser votre première liasse fiscale et votre trésorerie.
Le premier exercice peut par ailleurs excéder douze mois. Peu de créateurs le savent.
Le régime fiscal. La SAS relève de l’impôt sur les sociétés par défaut.
Une option pour l’impôt sur le revenu reste possible, sous conditions strictes et pour une durée limitée à cinq exercices. Elle peut s’avérer pertinente si vous anticipez des pertes de démarrage.
Un accompagnement qui ne mentionne jamais cette option ne regarde pas votre situation personnelle.
Vérifier ce qui se passe après l’immatriculation
C’est le point faible de nombreuses offres d’entrée de gamme. Le Kbis arrive, puis plus personne ne répond.
Or les douze premiers mois concentrent plusieurs échéances. Première déclaration de TVA, choix du régime, mise en place de la paie si vous vous rémunérez, approbation des comptes.
Demandez à voir le calendrier des douze prochains mois. Une structure organisée vous le fournit sans hésiter.
Clarifiez également les tarifs des formalités de modification. Changement de président, transfert de siège, augmentation de capital : ces opérations surviennent plus tôt qu’on ne l’imagine.
Trois erreurs de sélection qui reviennent souvent
Choisir sur le seul prix affiché. Les écarts s’expliquent presque toujours par le périmètre réel de la prestation.
Choisir une structure trop éloignée de votre taille. Un cabinet habitué aux groupes vous traitera comme un dossier mineur.
Décider seul quand vous êtes plusieurs. Si un associé n’a rencontré personne, il remettra en cause les arbitrages six mois plus tard.
Prenez le temps de consulter deux prestataires minimum. Observez surtout ce qu’ils vous demandent avant de vous proposer quoi que ce soit.
Celui qui cherche à comprendre votre projet avant de parler tarif est généralement celui qu’il vous faut.